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L’exceptionnel destin du scout de la 1ère Remiremont, Michel Ferry


Parmi les avions de lignes mythiques pilotés par Michel Ferry Concorde et Boeing 747


Natif de Remiremont en 1931, il aura passé sa vie dans les airs de tous les continents du globe


C’est un destin exceptionnel qui attendra Michel Ferry, dès lors qu’il naîtra à Remiremont le 20 septembre 1931. Jusqu’à aujourd’hui encore, il reste marqué par son passage chez les scouts de la 1ère Remiremont. En effet, comme nous allons le voir, Michel, aujourd’hui habitant sur la Côte d’Azur, à Juan-les-Pins, aura passé une bonne partie de sa vie sur cette terre...dans les airs de tous les continents du globe ! Lors de sa naissance, ses parents sont bouchers à Remiremont. Il usera ses fonds de culottes sur les bancs du lycée Jules Méline et aura l’occasion de retrouver, bien des années plus tard, sur la piste de Mirecourt Juvaincourt, ses professeurs de l’époque Messieurs Ketterer et Barthélémy, entre autres. S’il est une période de sa vie qu’il n’oubliera pas c’est bien son passage chez les scouts à Remiremont. Le titre du livre, de 400 pages, qui relatera sa vie de pilote, écrit de sa plume pour ses enfants et petits-enfants, est à cet égard évocateur « Mowgli ».

Rappel : Mowgli est le personnage principal du livre de la jungle (1899). Trouvé par Père Loup qui chassait au milieu d'un camp de bûcherons abandonné par ceux-ci, poursuivi par Shere Khan, Mowgli est apporté à Raksha qui l'élève parmi ses petits. Au jour où les louveteaux de l'année doivent être présentés au rocher du conseil, Père Loup et Raksha présentent Mowgli. Shere Khan le réclame comme sa proie, mais Bagheera le rachète au prix d'un taureau qu'il vient d'abattre. Akela lui ayant rappelé la loi, Shere Khan doit laisser Mowgli au clan. Par la suite, Mowgli grandira avec les autres louveteaux du clan de Seeonee et sera éduqué par Bagheera, qui lui apprendra à chasser, et Baloo, qui lui apprendra la loi. Il apprendra aussi à nager avec Kaa...

Michel Ferry passera donc une bonne partie de sa jeunesse romarimontaine chez les scouts. Il commencera chez les Louveteaux pour terminer son passage au sein de la grande famille scoute chez les Routiers. Aujourd’hui, il reste en contact avec deux scouts contemporains : Jacques Guimbert de Remiremont et Jacques Grandmougin de Senlis dans la banlieue parisienne. Précisons que les trois copains scouts ont eu la grande joie, à l’époque, d’être sélectionnés pour participer au fameux Jamborée de 1947. Le signataire du présent article a eu l’occasion d’échanger avec Michel Ferry par téléphone à propos des festivités organisées pour les « 100 ans du scoutisme à Remiremont ». Il a bien regretté de ne pouvoir participer à ces festivités des problèmes de santé l’en ayant empêché mais il était de tout cœur avec nous.

Jamborée de la Paix en 1947


De l’aviation de chasse à l’aviation civile


C’est sur le terrain d’aviation d’alors, du site de Sainte-Anne, situé sur la commune de Saint-Nabord qu’il découvrira les premiers avions qui commenceront à le faire rêver. Les yeux toujours tournés vers le ciel, c’est sur le petit aérodrome de Dogneville, près d’Epinal qu’il se lancera dans l’aventure aéronautique. Il a une quinzaine d’année lorsqu’il crée, à Dogneville, avec un petit groupe de passionnés d’aviation, des équipages qui se lanceront dans les airs avec des planeurs de fortune ʺfaits maisonʺ. Nous sommes tout juste à la sortie de la dernière guerre mondiale et les finances font défaut, alors ils se débrouillent avec les moyens du bord mais réussissent les premiers petits vols, sans trop de casses, avec des engins plutôt « arrangés » .

Les choses sérieuses ont commencé avec un vrai planeur (C800) grâce au moniteur Pierre Collin un ancien pilote de chasse durant la guerre. Dès lors, les dés seront jetés et Michel ne

cessera de s’investir pour assouvir une passion de jeunesse devenir un vrai pilote d’avions. Il passera un premier concours qu’il réussira malgré un retard scolaire au collège de Remiremont et intégrera le noble monde des aviateurs de la chasse au sein de l’Armée de l’air. Bénéficiaire d’une bourse de l’Armée de l’air, il s’engagera pour une période de cinq ans. Après plusieurs stages de formation il se retrouvera au Maroc, à Marrakech, puis à Meknès et c’est dans ce pays d’Afrique du Nord qu’il obtiendra sa qualification de pilote de chasse après avoir fait ses preuves sur les fameux Spitfire Anglais et le Morane 475. Il a tout juste 20 ans, en 1951, lorsqu’il est promu moniteur de chasse.


Spitfire Anglais, avion de chasse durant la guerre 39/45


Quittant le Maroc il se retrouve sur la base de Luxueil-les-Bains pour piloter les avions de chasse du type Thunderjet. Démissionnaire de l’armée en 1955, il frappera aux portes de la réputée compagnie Air France pour embrasser le monde de l’aviation civile. Après avoir montré patte blanche au niveau santé et connaissances de pilotage d’avions, il finit par entrer dans la « grande maison » Air France, véritable institution qu’il ne quittera que pour prendre sa retraite en 1990. Il commencera sa carrière chez Air France en pilotant, depuis la base du Bourget, les DC3.


Il pilotera les avions de lignes les plus prestigieux d’Air France


Les premiers avions de ligne qu’il aura l’honneur et le grand plaisir de piloter, en commençant par être copilote, sont les célèbres avions à quatre hélices séries des DC4, Constellation et Super Constellation.



DC 4 (USA) : le Douglas DC-4 est un avion de transport quadrimoteur construit par Douglas Aircraft Company entre 1942 et 1947. Cet appareil fut le premier quadrimoteur et le premier avion à train tricycle construit par Douglas Lockheed Constellation (USA) : histoire résumée 1939 : Commandes de TWA et Pan Am d’un long courrier de 40 places propulsé par 4 moteurs à pistons – 1943 : 9 janvier 1er vol - 1946. Mise en service : Pan Am, TWA, Air France, KLM, Air India et South African Airways sont les premiers clients – 1946 : 11 juillet. Exploitation par Air France, d’abord sur Paris-New York.

Caractéristiques du Super-Constellation mis en service en 1950 : longueur. 34,60 m - envergure. 37,50 m – moteurs : 4 Curtiss-Wright R3350-972TC-18 cylindres en double étoile de 3.250 CV chacun - autonomie. 6.480 km – vitesse : 482 km/h – plafond : 7.050 m – passagers : 76-99 – équipage : 7-10.



Les stages de spécialisation se succèdent pour Michel Ferry malgré son bagage de 1500 heures de vol dans la chasse de l’Armée de l’air. Ces premiers vols aux commandes des quadrimoteurs précités auront comme destination l’Afrique : Cameroun, Sénégal,... Il effectuera ses premiers longs courriers vers l’Amérique du Sud à bord d’une version encore améliorée du Super Constellation, le Super Starliner.

Son ambition, impliquant un travail personnel et une inlassable opiniâtreté, verra son aboutissement en 1961 lorsqu’il sera reçu au difficile examen de commandant de bord. Dés lors, il commencera à rejoindre les quatre coins du monde comme « patron », commandant de bord, en survolant les différents continents à bord des avions de ligne prestigieux d’Air France. En 1966, il se verra confier la responsabilité des équipages d’Air France dédiés aux avions à hélices de la série des Constellations de Lookheed. Ses derniers vols comme commandant de bord des avions de ligne quadrimoteurs, équipés d’hélices, l’emmèneront à New-York, Berlin, Dakar, Istanbul, l’Ile Maurice, Djibouti,...


Le premier des avions quadriréacteur de la grande famille des Boeing avec le 707


Nous sommes en 1969, lorsque Michel Ferry, est appelé à être formé sur le quadriréacteur Boeing 707 dont la compagnie s’est largement dotée. En parallèle de ce stage intensif, la direction lui demande de garder le contrôle des équipages des avions à hélice. C’est à Marignane, aéroport de Marseille, qu’il mettra en pratique ses connaissances sur le tout nouvel avion de ligne d’Air France. L’arrivée de ce nouveau type d’avion de ligne équipé de réacteur à la place des moteurs en étoile à pistons sonnera bientôt le glas des si prestigieux avions de ligne à hélices, de la série Constellation, de l’époque. Le Boeing 707 est considéré comme symbole de l’ère du Jet.



Caractéristiques résumées du Boeing 707 : Selon les versions, l'avion a une capacité de 140 à 189 passagers et une distance franchissable comprise entre 4 630 et 10 650 km (2 500 et 5 750 NM ). Premier avion de ligne à réaction de l'avionneur, le 707 est doté d'une voilure en flèche et de moteurs montés en nacelles sous celle-ci - Premier vol : 20 décembre 1957 - Moteurs : Quatre turbofans Pratt & Whitney JT3D - Construit par Boeing entre 1958 et 1979. Vitesse de croisière : ~1000 km/h. Altitude de croisière : ~13 000 m.



Des escales dans le monde entier


Michel Ferry passera donc une bonne partie de sa vie dans les airs de tous les continents du globe. Il faut être passionné et jouir d’une excellente santé car le travail est fatiguant entre concentration et décalages horaires. Les temps de repos lors des escales permettent de récupérer de la fatigue. La liste des escales ayant émaillé la vie de pilote de Michel est bien longue et au risque d’en oublier nous citerons :

Amérique du Nord : New-York, Washington, Chicago, Toronto, Montréal, Boston, San Francisco, Los Angeles...

Amérique du Sud : Rio de Janeiro, Buenos Aires, Equateur, Lima, Santiago,...

Asie Extrême-Orient : Tokyo, Hong-Kong, Saigon (Ho Chi Minh-Ville), Singapour, Karachi, New Delhi,...

Moyen Orient : Istanbul, Tel-Aviv,...

Afrique : Alger, Casablanca, Tunis, Dakar, Casablanca, Abidjan, Douala, Libreville, Brazzaville,...

L’océan Indien : Madagascar, Ile de la Réunion, Ile Maurice,...

L’Europe : Madrid, Berlin, Lisbonne, Dublin, Londres, ...

Les escales varient entre 3 et 5 jours suivant la destination. Au fil des années, Michel nouera des relations amicales avec les autochtones dans plusieurs régions du monde. A Dakar, par exemple, ce sera avec un pêcheur qu’il retrouvera régulièrement à l’occasion de tournées au Sénégal. Michel Ferry, fera en sorte de fidéliser ses équipages : copilotes, stewards, hôtesses de l’air. Les retrouvailles aux restaurants des hôtels confortables qu’ils occupent, sont l’occasion d’échanges bien conviviaux dans une ambiance détendue. A propos d’escale, juste une anecdote rapportée dans son livre : lors d’un séjour entre deux vols à Buenos Aires, il fut invité à participer dans un ranch à un rodéo. Mais l’expérience a mal tourné, car le cheval s’est cabré, Michel ne pouvant plus le contrôler, il est tombé et le cheval de plus de 400 kg lui a écrasé la cage thoracique. Résultat six côtes cassées...il s’en souviendra encore longtemps.


La plupart des vols se passent sans histoire...sauf exception !


La plupart des milliers de vols qu’a pu assurer Michel Ferry se sont passés normalement sans incident. Ceci étant, il a dû prendre les bonnes décisions dans quelques occasions. Les difficultés de pilotage d’un avion surviennent soit à cause d’une mauvaise météo, soit à cause d’un problème technique. Régulièrement les plans de vols sont modifiés pour contourner des zones orageuses, et en plus une météo exécrable complique notablement l’atterrissage déjà complexe dans certains aéroports. A cet égard l’ancien aéroport de Hong-Kong était révélateur. Les pannes techniques sont rares mais elles sont souvent compliquées à gérer par l’équipage, commandant de bord en tête. Les pannes les plus redoutées sont évidemment les défauts de réacteurs. Un jour alors qu’il décollait avec son quadriréacteur Michel Ferry constate que l’un des réacteurs, en feu, vient d’exploser. Tendu, mais sans paniquer, il a effectué la bonne manœuvre pour reposer l’appareil sur la piste qu’il venait de quitter. Les passagers ont dû alors changer d’avion...avec le retard correspondant ! Un jour, Michel a dû faire face à une alerte à la bombe en plein vol, finalement sans conséquence, l’alerte s’étant révélée fausse.


En charge de l’organisation des courriers des commandants et copilotes

Ayant l’entière confiance de la direction d’Air France, Michel se verra confier la délicate mission d’organiser les courriers des commandants de bord et des copilotes. Cent vingt équipages à articuler en fonction du programme, des contrôles divers et des stages de perfectionnement. En 1976, un mal de dos récurrent impose des examens médicaux. Le résultat est sans appel avec une hernie discale. Après une opération et six mois d’arrêt, Michel est reconnu apte à reprendre du service.


Plus de 400 tonnes en l’air avec le Boeing 747


Compte tenu de son expérience et de son ancienneté dans la maison Air France, Michel Ferry est appelé en 1978 à se former au pilotage du dernier né, à l’époque, de la famille des Boeing le mastodonte 747.


Caractéristiques résumées du Boeing 747 : premier vol 1969 – double pont (avec sa bosse caractéristique) - distance franchissable 13 400 km – vitesse de croisière : mach 0,85 (~ 920 km/h) – capacité des réservoirs 217 000 litres – nombre d’avions construits du type jusqu’à fin 2021 : 1 565 unités.



Michel Ferry, toujours la passion des avions de lignes chevillée au corps, se lance dans l’apprentissage du « Jumbo Jet » et c’est en Irlande qu’il effectue son premier vol sur la nouvelle « machine volante ». Son premier vol transatlantique en Boeing 747 l’emmènera à Montréal au Canada et à Chicago. Par rapport au Boeing 707, la grande différence réside

dans la composition de l’équipage : trois ou cinq aux commandes de l’avion entre pilote, copilote, navigant et douze ou quinze personnels de bord entre hôtesses et stewards. Avec ses 467 passagers, Michel Ferry reprendra quasiment les mêmes destinations des longs courriers qu’avec les Boeing 707 qu’il venait de quitter.


La consécration comme commandant de bord du Concorde

En 1983, Michel Ferry, alors âgé de 52 ans, est confronté à un choix difficile. En effet, la compagnie lui propose de prendre la responsabilité de la plate forme d’Air France en Afrique Noire dans le cadre d’un soutien à deux compagnies Air Cameroun et Air Gabon. Bien des avantages s’offrent à lui, dont l’aspect financier, mais il fallait déménager pour s’installer soit à Libreville (Gabon) soit à Douala (Cameroun), tout un changement de vie ! Finalement Michel refusera le poste pourtant convoité par d’autres commandants de bord.

Alors que l’avenir du Concorde commence, doucement mais sûrement, à être remis en question, la direction propose à Michel Ferry de se former au pilotage de l’avion mythique, à l’époque. Il faut le dire, cette affectation est réservée aux commandants de bord émérites car c’est une forme de consécration pour les pilotes d’avions de ligne. En novembre 1984, Michel prend la direction de Toulouse-Blagnac pour être formé sur le « bel oiseau blanc ». Précisons au passage, que chez Air France, les pilotes doivent se former quasiment en permanence ne serait-ce que pour les remises à niveau en fonction de l’évolution des techniques de tous ordres. L’apprentissage de l’avion est assez compliqué car il s’agit de voler à Mach 2 et à 18 000 m d’altitude. Il réussira les épreuves, les unes derrières les autres, lui permettant d’obtenir son agrément de commandant de bord de Concorde, la dernière épreuve, avec l’instructeur, imposant cinq allers et retours Paris-New York. Précisons au passage que les USA ont posé bien des problèmes à Air France et British Airways considérant que le Concorde était trop bruyant. Il faut dire que le « bel oiseau blanc », fruit d’une étroite coopération les Anglais et les Français, pouvait faire de l’ombre aux USA avec les nouvelles « machines » Boeing.



Caractéristiques résumées du Concorde : vitesse de croisière Mach 2,02 soit 2179 km/h – quatre réacteurs Olympus – poids maxi au décollage : 185 tonnes – altitude de croisière : 18 290 m – équipage : commandant de bord, pilote, naviguant, chef de cabine, trois hôtesses et deux stewards. Sa ligne, avec les ailes en forme Delta, son nez escamotable, sa technologie sophistiquée, en feront l’avion de ligne le plus avancé techniquement de tous les temps jusqu’à aujourd’hui.



Avec son Concorde au dessus de Remiremont !


Le 22 Juin 1986, le journal la Liberté de l’Est organise un grand meeting aérien sur l’ex-terrain de l’OTAN à Mirecourt-Juvaincourt. Cette fête ne pouvait se concevoir sans l’arrivée du Concorde avec comme commandant de bord, Michel Ferry. Retour aux sources, lui qui avait survolé les Vosges en long, en large et en travers, lorsqu’il était encore sur les avions de chasse de Luxeuil. Après un vol d’une petite heure au dessus de notre département, avec un passage remarqué au dessus de Remiremont, il était accueilli quasiment en héros sur la piste de Juvaincourt. A sa grande surprise, parmi ses admirateurs, il a retrouvé ses anciens professeurs du lycée de Remiremont Messieurs Ketterer et Barthélémy.


Le premier tour du monde en Concorde


Nous sommes en juillet 1986 lorsqu’ Air France demande à Michel Ferry de mettre au point un tour du monde en Concorde en étroite liaison avec les services commerciaux et techniques de la compagnie. C’est avec une association allemande, fanatique de Concorde, que l’opération est montée. L’organisation d’un tel challenge implique bien des contraintes principalement d’ordres techniques : les escales, en tenant compte des décalages horaires qui se succèdent à vitesse grand V, logistique avec carburant, ravitaillements, contrôle et entretien aux escales, etc... Finalement le tracé suivant est retenu : Paris – New-York – San Fransisco – Honolulu – Papeete – Sydney – Jakarta (escale technique) – Bangkok – Colombo Skri Lanka – Barhein (escale technique) et enfin retour à Paris. Dix neuf jours de « balade » à Mach 2, sauf le survol des USA imposé à Mach 1, entre le 15 novembre et le 2 décembre 1986. Il va sans dire que le « bel oiseau blanc », avec son équipage et ses passagers, sera reçu avec tous les honneurs dus à son rang dans chacune des escales. Tenant compte de sa notoriété à travers le monde, chaque événement important réclamait Concorde. Ce premier tour du monde en Concorde, accompli avec le succès que l’on sait, donna lieu à d’autres opérations du même type. Puis Michel Ferry, fut appelé à former de nouveaux équipages sur le bel oiseau blanc. Toujours aux commandes du Concorde, il participa à l’inauguration du nouvel aéroport de Nice-Côte d’Azur avec survol de la Méditerranée, etc...


Michel Ferry lors d'une escale à l'occasion du premier tour du monde en Concorde


Retour sur les Boeing 747 et fin de carrière


Nous sommes en 1988, et la direction d’Air France se désintéresse de plus en plus du programme de ses Concordes, la période d’euphorie autour du « bel oiseau blanc » est passée. L’accident malheureux de Gonesse, fortement médiatisé, ayant sonné le glas du Concorde a fortement marqué Michel Ferry car il était attaché à cet avion unique qu’il a eu le plaisir de piloter durant cinq ans. Tout en précisant que le pilotage du Concorde est à la longue fatiguant, à cause, notamment des décalages horaires, l’heure était venue pour Michel Ferry de retrouver un rythme plus en adéquation avec sa proche fin de carrière. La direction lui propose de retrouver les longs courriers à bord des Boeing 747. Entre temps, le « Jumbo Jet » a évolué techniquement ce qui impose à Michel une remise à niveau. Il retrouve alors, les lignes qu’il avait délaissées en prenant les commandes du Concorde : Amérique du Sud, Extrême-Orient, etc... En 1989, lors d’une escale à Bogota, une grande fatigue s’empara de Michel, signe d’une santé malmenée avec notamment ses problèmes récurrents de vertèbres. Après une mûre réflexion, Michel Ferry demande à la direction d’Air France de pouvoir partir de la compagnie avant l’âge requis pour la retraite à savoir 60 ans. Nous sommes en 1990, lorsque Michel prépare ses adieux à la compagnie. Il s’organise, avec l’appui de la direction, pour effectuer toutes les lignes de ses débuts à bord des Super Constellation et dire adieu aux nombreux contacts qu’il avait pu nouer dans les différentes escales.



Son dernier vol le 30 aout 1990


San Fransisco, le 29 Aout 1990, les portes du Boeing 747 viennent de se refermer. Les 400 passagers à bord vont rejoindre Paris Charles-de-Gaulle. Le plan de vol déposé par Michel fera passer le « Jumbo Jet » par le Groënland, l’Islande et l’Ecosse. Sa fille Perrine est à bord. Air France, n’a pas oublié la fidélité indéfectible de son pilote chevronné en la personne de Michel Ferry. A l’arrivée de son dernier vol à l’aéroport de Charles-de-Gaulle, une foule de salariés de la compagnie attendait Michel pour le saluer, le congratuler et l’applaudir. Puis vint le moment de prendre l’avion qui emmena Michel, comme passager, et sa famille, jusqu’à Nice. A l’arrivée à l’aérogare de Nice-Côte d’Azur, ce fut la fête et le Champagne fut incontournable. Son épouse, Catherine, et ses trois premiers enfants, Jean-Michel, Eric et Anne, toujours fidèles, sont au premier rang pour accueillir Michel et l’embrasser chaleureusement. Une grande partie de sa famille participa également à la fête ainsi que de nombreux amis. L’heure de la retraite avait sonné, permettant à Michel de s’adonner tout à loisir à plusieurs activités, la voile notamment sur la Méditerranée.


Michel Ferry n’oubliera jamais ses racines romarimontaines


Le signataire du présent article a eu l’occasion d’échanger par téléphone avec Michel à l’occasion de l’organisation des festivités des « 100 ans de scoutisme à Remiremont ». C’est avec beaucoup d’émotion dans la voie qu’il m’a dit « C’est avec beaucoup de regret que je ne pourrai pas partager ce moment fort avec vous autres lors de la fête du centenaire du scoutisme à Remiremont. La tête est encore là, heureusement, mais mon corps est « foutu ». J’aurais tant aimé retrouver mes anciens amis scouts : Jacques Guimbert, Jean-Marie Faivre,... Mon cœur restera à tout jamais attaché à Remiremont, ma ville natale ».

Grâce à internet, Michel a pu suivre le déroulement des festivités en suivant notre site interne : www.100ansdescoutismeremiremont.com


J.C Bigorne


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